Mickael Romaniello, le développeur qui construit les applications Mickael Romaniello 30 minutes, sans slides, rien à préparer.
Décider avant de dépenser

Application mobile ou site web ?

Le test que je fais au téléphone, en entier — celui qui peut conclure que vous n'avez pas besoin d'une application.

En clair : la question ne se tranche pas sur trois critères de même poids, mais sur une condition puis trois critères. La condition est la fréquence — une application vit sur un écran d'accueil, et une icône qu'on ouvre une fois par an ne se rentabilise jamais. Si la fréquence y est, il suffit ensuite d'un critère sur trois : le téléphone lui-même, le hors-réseau, ou le retour spontané. Si la fréquence n'y est pas, aucun critère technique ne sauve le projet et un site fait le même travail pour moins cher.

Répondez à quatre questions

Aucune inscription, rien n'est envoyé nulle part. La réponse s'affiche en bas au fur et à mesure.

  1. Vos clients l'ouvriraient-ils au moins une fois par semaine ?

    La seule question qui peut décider seule. Une icône ouverte une fois par an ne se rembourse jamais.

  2. A-t-elle besoin du téléphone lui-même ?

    Appareil photo utilisé sérieusement, capteurs, Face ID, Bluetooth, position suivie en continu.

  3. Doit-elle fonctionner sans réseau ?

    Le métro, une zone blanche, un avion, un sous-sol, un entrepôt, un chantier.

  4. Avez-vous quelque chose d'utile à annoncer entre deux visites ?

    Une notification qui rend service. Une relance commerciale ne compte pas — c'est la première cause de désinstallation.

Répondez aux quatre questions : la réponse s'affiche ici. Un site web. La fréquence n'y est pas, et aucun critère technique ne rattrape ça. Un site coûte moins cher, se corrige plus vite et supporte d'être laissé tranquille. C'est l'issue la plus fréquente des trois, et je vous le dirais au téléphone dans ces termes-là. En parler 30 minutes Le détail du raisonnement est juste en dessous. Une application web installable. Vos clients reviennent souvent, mais rien dans votre besoin n'exige les capacités du téléphone. Un site qui s'installe sur l'écran d'accueil fait le travail, sans store et sans deux applications à maintenir. Ses limites sont réelles sur iPhone : on regarde si elles vous concernent. En parler 30 minutes Le détail du raisonnement est juste en dessous. Une application mobile. La fréquence y est et au moins un critère l'exige : c'est le cas où une application se justifie. L'étape suivante n'est pas un devis, c'est un cadrage — ce qu'elle doit faire, pour qui, et ce qu'on ne construit pas dans la première version. En parler 30 minutes Le détail du raisonnement est juste en dessous.

La condition qui passe avant tout : la fréquence

Le critère que presque personne ne pose en premier, et c'est le seul qui puisse tuer le projet à lui seul. Une application occupe une place physique sur l'écran d'un client : elle demande d'être installée, mise à jour, et de survivre au ménage que les gens font sur leur téléphone. Ce coût-là, l'utilisateur le paie une fois à l'installation et le rembourse à chaque ouverture. S'il n'ouvre pas souvent, il ne rembourse jamais.

Ça marche quand on revient

Chaque semaine, idéalement plusieurs fois. Commander, consulter, suivre, pointer, réserver, poser une question. Ed, l'application du groupe Totum, tient sur ce point : on parle à son pharmacien quand on a une question, et on en a plusieurs par an, pas une.

Ça ne marche pas quand on revient rarement

Déclarer un sinistre, réserver un déménagement, acheter un matelas, faire une demande administrative. Personne n'installe pour ça, et ceux qui installent désinstallent juste après. Sur ces usages, un site est la bonne réponse même quand les trois critères suivants sont vrais.

Un cas particulier échappe à la règle : un outil interne. Si les utilisateurs sont vos équipes plutôt que vos clients, l'installation n'est plus un obstacle — on la déploie — et la fréquence se décide autrement. Dites-le tôt, ça change tout le raisonnement.

Les trois critères — un seul suffit

Une fois la fréquence acquise, il suffit d'une seule de ces trois choses pour qu'une application se justifie. Ce sont des capacités qu'un navigateur n'a pas, ou n'a qu'à moitié. Les trois à la fois, c'est le cas le plus net ; une seule suffit à trancher.

  • Elle se sert du téléphone, pas seulement de l'écran Appareil photo utilisé sérieusement, capteurs, Face ID, Bluetooth, position suivie en continu. Un navigateur touche à une partie de tout ça, mais avec une autorisation redemandée à chaque visite, des limites qui changent d'un navigateur à l'autre, et rien qui continue quand l'onglet est fermé. À l'inverse : prendre une photo une fois de temps en temps ne justifie rien. Le navigateur le fait très bien.
  • Elle fonctionne sans réseau Le métro, une zone blanche, un avion, un sous-sol, un entrepôt, un chantier. Une application garde ses données sur l'appareil, laisse travailler, et se resynchronise quand le réseau revient. Un site s'arrête sur une page d'erreur. À l'inverse : si vos utilisateurs sont assis au bureau en wifi, ce critère ne compte pas pour vous.
  • Elle revient d'elle-même La notification est la seule façon de reprendre contact sans racheter de l'attention. Un site attend qu'on vienne, ou qu'on paie pour faire venir. C'est aussi le critère le plus facile à gâcher : une notification inutile est la première cause de désinstallation, et une application désinstallée ne revient pas. À l'inverse : si vous n'avez rien d'utile à annoncer entre deux visites, ce critère est théorique.

Les trois cas où un site gagne

Ce sont les trois situations où je dis non, et elles reviennent souvent. Un site n'est pas la version pauvre d'une application : sur ces trois usages, c'est l'application qui est le mauvais outil.

  • On doit vous trouverUne application ne se trouve pas sur Google. On la cherche par son nom, dans un store, quand on sait déjà qu'elle existe. Si votre problème est d'être trouvé par des gens qui ne vous connaissent pas encore, l'application ne le résout pas — elle le déplace.
  • On achète rarementUn achat annuel, un devis, une prise de rendez-vous ponctuelle. L'installation coûte plus cher à votre client que ce qu'il économisera en l'utilisant. Un site ouvre en un clic depuis un lien, sans rien installer.
  • Ça doit se partager et s'indexerUn lien s'envoie par message, s'ouvre partout, se référence, se cite. Un contenu enfermé dans une application n'existe pour personne d'autre que ceux qui l'ont déjà installée — y compris pour les moteurs de recherche et pour les assistants qui répondent à votre place.

Ce qu'une application engage après la mise en ligne

Une application n'est jamais finie, et c'est la partie du coût que personne ne montre au moment de décider. iOS sort une version majeure chaque septembre, Android chaque année, et chacune casse quelque chose. Il y a deux stores à tenir, deux validations à passer, deux jeux de captures et de descriptions à maintenir. Une application qu'on laisse tranquille deux ans finit par ne plus se lancer du tout.

Un site, lui, supporte d'être laissé tranquille. Il vieillit, il se démode, il ne meurt pas. C'est la différence dont il faut tenir compte quand vous comparez les deux devis : vous ne comparez pas deux achats, vous comparez un achat et un abonnement.

Ce que vous faites de votre réponse

Quatre issues, et une seule mène à « on construit une application ». Voilà ce que je dis au téléphone dans chacun des quatre cas.

La fréquence n'y est pas

Un site, et je vous le dis pendant l'appel plutôt qu'au troisième mois. C'est le cas le plus fréquent des quatre, et de loin le moins cher pour vous.

La fréquence y est, aucun critère

Le cas intermédiaire, et le plus mal conseillé en général. Une application web installable — l'utilisateur l'ajoute à son écran d'accueil depuis son navigateur, sans passer par un store — fait souvent le travail. Elle a de vraies limites, notamment sur iOS, et on regarde ensemble si elles vous concernent.

La fréquence y est, un critère au moins

Une application se justifie chez vous. L'étape suivante n'est pas un devis, c'est un cadrage : ce qu'elle doit faire, pour qui, et ce qu'on ne construit pas dans la première version.

Vous hésitez encore

Commencer par un site et faire l'application ensuite est une trajectoire parfaitement valable, et souvent la bonne. Le site vous dit qui revient et à quelle fréquence — c'est-à-dire qu'il répond à la question de cette page avec vos chiffres au lieu de mes critères.

Trois questions qui suivent toujours

C'est une vraie troisième réponse, et elle est sous-conseillée parce qu'elle rapporte moins à celui qui la propose. Un site peut s'installer sur l'écran d'accueil, fonctionner hors réseau et se lancer en plein écran sans passer par un store. Ce qu'elle ne fait pas aussi bien : les notifications sur iPhone restent limitées, l'accès aux capteurs est partiel, et vous n'êtes pas présent dans les stores — ce qui compte si vos clients vous y cherchent. Quand vos trois critères sont « aucun », c'est presque toujours par là qu'il faut commencer.

Oui, et c'est souvent l'ordre le plus intelligent. Le site répond à la question de cette page avec vos propres données : combien de personnes reviennent, à quelle fréquence, pour faire quoi. Vous arrivez ensuite à la décision « application » avec des chiffres au lieu d'une intuition, et le cadrage est deux fois plus court parce que vous savez déjà quelles fonctions sont réellement utilisées.

Je construis des applications mobiles — c'est mon métier depuis 2013 et c'est ce que je fais bien. Ça veut dire que quand je vous dis « un site suffit », je perds le projet, et c'est exactement pour ça que la réponse a de la valeur. Si c'est la conclusion, je vous dis ce qu'il faut demander et à qui.

Votre cas ne rentre dans aucune case ?

C'est le plus courant. Trente minutes suffisent à trancher, et la réponse « pas d'application » est une réponse comme une autre.

30 minutes, sans slides, rien à préparer.