Le test que je fais au téléphone, en entier — celui qui peut conclure que vous n'avez pas besoin d'une application.
En clair : la question ne se tranche pas sur trois critères de même poids, mais sur une condition puis trois critères. La condition est la fréquence — une application vit sur un écran d'accueil, et une icône qu'on ouvre une fois par an ne se rentabilise jamais. Si la fréquence y est, il suffit ensuite d'un critère sur trois : le téléphone lui-même, le hors-réseau, ou le retour spontané. Si la fréquence n'y est pas, aucun critère technique ne sauve le projet et un site fait le même travail pour moins cher.
Le critère que presque personne ne pose en premier, et c'est le seul qui puisse tuer le projet à lui seul. Une application occupe une place physique sur l'écran d'un client : elle demande d'être installée, mise à jour, et de survivre au ménage que les gens font sur leur téléphone. Ce coût-là, l'utilisateur le paie une fois à l'installation et le rembourse à chaque ouverture. S'il n'ouvre pas souvent, il ne rembourse jamais.
Chaque semaine, idéalement plusieurs fois. Commander, consulter, suivre, pointer, réserver, poser une question. Ed, l'application du groupe Totum, tient sur ce point : on parle à son pharmacien quand on a une question, et on en a plusieurs par an, pas une.
Déclarer un sinistre, réserver un déménagement, acheter un matelas, faire une demande administrative. Personne n'installe pour ça, et ceux qui installent désinstallent juste après. Sur ces usages, un site est la bonne réponse même quand les trois critères suivants sont vrais.
Un cas particulier échappe à la règle : un outil interne. Si les utilisateurs sont vos équipes plutôt que vos clients, l'installation n'est plus un obstacle — on la déploie — et la fréquence se décide autrement. Dites-le tôt, ça change tout le raisonnement.
Une fois la fréquence acquise, il suffit d'une seule de ces trois choses pour qu'une application se justifie. Ce sont des capacités qu'un navigateur n'a pas, ou n'a qu'à moitié. Les trois à la fois, c'est le cas le plus net ; une seule suffit à trancher.
Ce sont les trois situations où je dis non, et elles reviennent souvent. Un site n'est pas la version pauvre d'une application : sur ces trois usages, c'est l'application qui est le mauvais outil.
Une application n'est jamais finie, et c'est la partie du coût que personne ne montre au moment de décider. iOS sort une version majeure chaque septembre, Android chaque année, et chacune casse quelque chose. Il y a deux stores à tenir, deux validations à passer, deux jeux de captures et de descriptions à maintenir. Une application qu'on laisse tranquille deux ans finit par ne plus se lancer du tout.
Un site, lui, supporte d'être laissé tranquille. Il vieillit, il se démode, il ne meurt pas. C'est la différence dont il faut tenir compte quand vous comparez les deux devis : vous ne comparez pas deux achats, vous comparez un achat et un abonnement.
Quatre issues, et une seule mène à « on construit une application ». Voilà ce que je dis au téléphone dans chacun des quatre cas.
Un site, et je vous le dis pendant l'appel plutôt qu'au troisième mois. C'est le cas le plus fréquent des quatre, et de loin le moins cher pour vous.
Le cas intermédiaire, et le plus mal conseillé en général. Une application web installable — l'utilisateur l'ajoute à son écran d'accueil depuis son navigateur, sans passer par un store — fait souvent le travail. Elle a de vraies limites, notamment sur iOS, et on regarde ensemble si elles vous concernent.
Une application se justifie chez vous. L'étape suivante n'est pas un devis, c'est un cadrage : ce qu'elle doit faire, pour qui, et ce qu'on ne construit pas dans la première version.
Commencer par un site et faire l'application ensuite est une trajectoire parfaitement valable, et souvent la bonne. Le site vous dit qui revient et à quelle fréquence — c'est-à-dire qu'il répond à la question de cette page avec vos chiffres au lieu de mes critères.
C'est une vraie troisième réponse, et elle est sous-conseillée parce qu'elle rapporte moins à celui qui la propose. Un site peut s'installer sur l'écran d'accueil, fonctionner hors réseau et se lancer en plein écran sans passer par un store. Ce qu'elle ne fait pas aussi bien : les notifications sur iPhone restent limitées, l'accès aux capteurs est partiel, et vous n'êtes pas présent dans les stores — ce qui compte si vos clients vous y cherchent. Quand vos trois critères sont « aucun », c'est presque toujours par là qu'il faut commencer.
Oui, et c'est souvent l'ordre le plus intelligent. Le site répond à la question de cette page avec vos propres données : combien de personnes reviennent, à quelle fréquence, pour faire quoi. Vous arrivez ensuite à la décision « application » avec des chiffres au lieu d'une intuition, et le cadrage est deux fois plus court parce que vous savez déjà quelles fonctions sont réellement utilisées.
Je construis des applications mobiles — c'est mon métier depuis 2013 et c'est ce que je fais bien. Ça veut dire que quand je vous dis « un site suffit », je perds le projet, et c'est exactement pour ça que la réponse a de la valeur. Si c'est la conclusion, je vous dis ce qu'il faut demander et à qui.
C'est le plus courant. Trente minutes suffisent à trancher, et la réponse « pas d'application » est une réponse comme une autre.
30 minutes, sans slides, rien à préparer.
La plupart de mes projets se déroulent à distance, et en pratique cela change peu de choses. Nous échangeons en visioconférence dès que vous en avez besoin, pas uniquement aux grandes étapes, et vous pouvez me poser vos questions à tout moment pendant le projet — je réponds toujours.
Vous pouvez aussi m'écrire directement sur WhatsApp : le même numéro que j'utilise au quotidien, une ligne pro française qui fonctionne à l'international.